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Sortir d’en bas par le haut de la crise de l’Euro-zone

Une réponse en termes de fédéralisme monétaire, 20 mai 2014

La crise actuelle de l’euro et des dettes publiques européennes place les Etats-membres de la zone euro devant un grave dilemme : faut-il renforcer l’euro en tant que monnaie unique au prix de politiques d’austérité enfonçant les économies dans la dépression ou faut-il en revenir aux monnaies nationales afin de sortir de ces politiques ? Dans ce texte je propose de résoudre ce dilemme par le haut à partir d’un cadre d’analyse – que je dénomme fédéralisme monétaire - permettant à la fois de garder l’euro et de revenir à des monnaies nationales. A cette fin, je m’appuie sur l’étude de diverses expériences historiques propres à certaines fédérations d’émission par des entités fédérées de monnaies fiscales (basées sur des anticipations de recettes fiscales) conçues comme complémentaires à la monnaie fédérale qui circule, quant à elle, sur la totalité du territoire de la fédération. Ce texte est organisé comme suit. Dans une première partie, les tenants et les aboutissants de la crise monétaire et financière qui frappe actuellement tout particulièrement la zone euro sont analysés, ce qui permet d’affirmer que la crise n’est pas simplement financière mais avant tout une crise du régime de monnayage de l’euro. Dans une deuxième partie, après avoir caractérisé
comme fausses solutions les deux stratégies opposées de sortie de la crise qui dominent les débats entre économistes et politiques, je mobilise la théorie institutionnelle de la monnaie comme confiance pour mettre en évidence que les origines profondes de la crise de l’euro sont d’ordre éthique et renvoient à la nature intrinsèquement contradictoire du projet politique européen revisité par le néolibéralisme. Toute solution à la crise doit donc se situer à ce même niveau et je donne le nom de fédéralisme monétaire à la stratégie qui découle de ce diagnostic, laquelle mêle des considérations d’urgence face au danger de dépression économique et des considérations plus structurelles. La troisième partie du texte est alors consacrée à une description des principes de ce fédéralisme monétaire et des adaptations du régime de monnayage de l’euro qu’il implique. La conclusion propose un résumé des principaux traits saillants de la stratégie alternative proposée. Une annexe enfin donne un aperçu des expériences historiques qui ont alimenté ma réflexion sur le fédéralisme monétaire, celles des émissions de monnaies par certaines provinces argentines entre 1984 et 2003.


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