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Entrevue

Violaine Des Rosiers : une femme tournée vers l’international

Dans le cadre de la Journée internationale des femmes et de la conférence sur les Objectifs de développement durable des Nations Unies

Le 8 mars 2017, l’Institut d’études internationales de Montréal (IEIM) co-organise avec l’Association canadienne pour les Nations Unies du Grand Montréal une conférence sur les objectifs de développement durable des Nations Unies, d’après la perspective des pays en développement.

À l’occasion de la Journée internationale des femmes, l’IEIM s’est entretenu avec Violaine Des Rosiers, l’une des panélistes de la conférence au parcours impressionnant dans les domaines de l’humanitaire et du développement.

L’attrait pour l’étranger

Violaine Des Rosiers a toujours été intéressée par les questions internationales. Contrairement à d’autres étudiants qui attendent la graduation pour se fixer un objectif de carrière, elle a choisi d’orienter au départ ses études en fonction de cette passion grandissante : « J’ai été l’une des rares de ma cohorte à trouver un emploi dans mon domaine, la science politique, dès la fin de mes études ».

Madame Des Rosiers a ainsi rapidement commencé sa carrière au sein du ministère des Affaires étrangères du Canada : « C’était à l’époque sur le traité d’Ottawa sur l’interdiction des mines antipersonnel. Ça a été mon plongeon dans les domaines du droit humanitaire et du droit international ». Au fil des ans, elle s’est retrouvée à la Croix-Rouge canadienne, puis à la Croix-Rouge internationale, ce qui l’a transportée aux quatre coins du globe, notamment en Afrique, en Asie, en Amérique latine et au Moyen-Orient.

« La Croix-Rouge internationale a deux principaux mandats : elle travaille auprès des victimes de catastrophes naturelles ainsi qu’auprès des victimes de conflits armés. J’ai travaillé étroitement avec ces deux branches et je faisais principalement du travail de terrain, avec les victimes », explique-t-elle. Il s’agissait alors, en tant qu’organisme neutre et indépendant, d’effectuer des suivis, par exemple des conditions de détention des prisonniers de guerre, des enfants séparés de leur famille ou encore des enfants soldats. Madame Des Rosiers a ainsi travaillé de très près à la protection de l’enfance dans le monde.

La place du développement

À force de côtoyer et de travailler auprès d’organisations œuvrant en situation de crise, Madame Des Rosiers s’est graduellement intéressée au développement organisationnel : « Les organisations qui travaillent en situation de crise font face à des changements radicaux dans leur structure. Non seulement elles doivent agir dans des situations d’urgence, recruter rapidement des bénévoles et assigner du personnel, mais elles doivent aussi préparer ces gens dans les moments où il n’y a pas de crise. Elles « gonflent et dégonflent » en fonction du financement et des urgences, et c’est donc une structure très complexe ».

Se spécialisant dans le domaine du développement organisationnel, elle a contribué à aider les organisations à planifier leur développement en fonction de ces défis et des différents contextes. Elle a ainsi constaté que lors des moments de crise, les organisations doivent déjà commencer à planifier la prochaine phase de développement : « Elles doivent garder un œil sur les besoins qui vont émerger et sur l’impact des crises dans le développement durable des communautés par la suite ».

Madame Des Rosiers abordera d’ailleurs cette question lors de la conférence sur les objectifs de développement durable des Nations Unies : « Aujourd’hui, les crises humanitaires et les situations de catastrophes naturelles sont parmi les plus gros obstacles au développement durable dans le monde. Il ne faut donc pas séparer les situations d’urgence des enjeux de développement ».

Être une femme dans le domaine humanitaire

Lorsqu’on est une femme et qu’on œuvre à l’international, certaines difficultés se présentent nécessairement sur notre chemin. « J’ai travaillé à l’étranger, dans plusieurs pays où il était plus difficile de négocier avec les autorités locales en étant une femme. Mais je crois qu’il faut savoir reconnaître les limites et travailler en équipe, et je faisais alors appelle à d’autres collègues masculins ».

En tant que femme étrangère, Madame Des Rosiers n’a toutefois pas été confrontée à la même discrimination que les femmes issues du milieu local : « Ce que j’ai trouvé le plus difficile, c’était de constater l’iniquité à l’égard de mes collègues locales, qui sont tenues à l’écart et qui ne sont pas intégrées dans les mécanismes décisionnels ».

À l’inverse, elle croit que, dans son cas, être une femme s’est parfois avéré avantageux et qu’elle a su bénéficier de son statut féminin dans certaines situations. « Quand je devais discuter avec des groupes armés, je réussissais à capter leur attention parce que je possédais une certaine expertise sur les types d’armes et que je pouvais ainsi parler leur langage, ce qui les surprenait. Il s’agissait d’établir une relation de respect, et à plusieurs reprises j’ai réussi à avoir accès à de l’information à laquelle mes collègues masculins n’avaient pas accès ».

Violaine Des Rosiers affirme donc avoir su tirer son épingle du jeu, et son impressionnant parcours en est le témoignage.

Plus d’information

Madame Des Rosiers a d’ailleurs rédigé un texte abordant son travail, où elle relate son expérience sur le terrain et la position des femmes dans le domaine humanitaire. Le texte a été publié dans l’ouvrage Nouvelles humanitaires, sous la direction de François Audet, directeur scientifique de l’Observatoire canadien sur les crises et l’aide humanitaire (OCCAH).


Article écrit par Karine Pontbriand, étudiante à la maîtrise en communication à l’UQAM

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