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Colloque international organisé par la Chaire Raoul-Dandurand, en association avec l’Association for Borderlands Studies

Appel de communications | Frontières, murs et sécurité

Date limite de soumission des propositions : 20 avril 2013, 20 avril 2013

PRÉSENTATION

Depuis la grande muraille de Chine, le Danevirk du Roi Godfried, le mur médique de Nabuchodonosor II, les murs romains d’Antonin et d’Hadrien en Écosse, ou encore le limes germaniae et rhetiae, le « mur » est au cœur des relations transfrontalières. Si bien que l’un d’eux, le mur de Berlin, a été le symbole de la fracture du monde bipolaire. Sa chute a incarné un nouvel ordre international, une redéfinition des relations internationales et l’avènement d’un monde sans frontières. Pourtant, l’après 11 septembre 2001 a souligné avec force le retour des frontières voire de nouvelles frontières, et avec elles celui des barrières et murs frontaliers, en Amérique du Nord, en Europe, en Asie ou encore au Moyen-Orient, sans que l’on puisse déterminer si ces ouvrages contribuent véritablement à l’établissement de relations amicales et pacifiques entre nations, voire à l’intérieur même des États. Quel rôle le mur frontalier joue-t-il dans l’établissement de la sécurité ou de l’insécurité ? Est-ce que les murs frontaliers alimentent la perception d’insécurité autant qu’ils réduisent les peurs et créent une sensation de sécurité pour ceux qui demeurent « derrière la ligne » ? En quoi la fortification de la frontière et sa « technologisation » permettent de redéfinir la sécurité interne et internationale des États et des populations concernées ?

ORGANISATEURS

  • Élisabeth Vallet, Professeure associée au département de géographie et directrice de recherches à la Chaire Raoul-Dandurand - UQAM
  • Charles-Philippe David, Titulaire de la Chaire Raoul-Dandurand et professeur titulaire de science politique, UQAM
  • Heather Nicol, Professeure de géographie, Trent University, présidente (2011-2012) de l’Association for Borderlands Studies et associée à l’Observatoire de géopolitique de l’Observatoire de géopolitique de la Chaire Raoul-Dandurand, UQAM

Disciplines concernées : Science politique, géographie, anthropologie, sociologie, droit, économie, Art, design, biologie, études environnementales.

Les étudiants sont invités à soumettre une proposition de communication.

CONTEXTE THÉORIQUE

Dans le monde post-11 septembre, barrières et tours de guets définissent et sanctuarisent les territoires nationaux, tandis que les discours sécuritaires établissent un lien apparemment inéluctable entre le terrorisme et l’immigration, entre l’immigration et l’illégalité, entre la violence criminelle et le radicalisme théologique. De façon paradoxale, dans un monde en quête de sécurité, la mondialisation n’a pas mené à l’éradication des frontières mais bien à la recomposition des territoires et à l’érection de nouveaux remparts. Le mur est ainsi devenu une solution dans la quête de sécurité de l’État, dont les frontières n’ont en réalité pas disparu, sublimé à travers un discours toujours plus sécuritaire dans la foulée du 11 septembre. L’approche constructiviste a été l’une des premières à permettre d’explorer le mur frontalier en termes de « sécuritisation » en posant les jalons de la dialectique entre déterritorialisation de l’État et retour des frontières, le mur devenant donc un moyen de répondre à un enjeu classique (par exemple la pression migratoire) devenu question de sécurité (menace migratoire), une question localisée (la violence frontalière) prenant alors des accents nationaux (l’intégration dans la dimension sécuritaire nationale de la frontière). Le mur cristallise l’opposition entre un « espace de sécurité » et un « espace de risque » – hypothèse que vient renforcer le fait que toute la législation promulguée aux États-Unis dans le domaine de la sécurité comporte toujours au moins un élément sur le contrôle de l’immigration.
De surcroît, la fragmentation de l’espace qu’opèrent les murs est souvent doublée d’une véritable sanctuarisation du territoire derrière un arsenal de défenses législatives (droit d’asile, permis de séjour, visas), reposant sur l’intersubjectivité des entrepreneurs politiques qui tissent le discours (entreprises, politiciens, groupes citoyens) amenant à la réalisation du mur, aboutissant à une véritable dérive technologique, qui permet aux États, de montrer qu’ils ont la pleine maîtrise de la sphère frontalière. Les murs affichent donc une double fonctionnalité : ils permettent d’emmurer et d’ex-murer pour tenir l’Autre (qu’il représente une menace ou simplement un risque) hors de cet espace redéfini. À la géopolitique traditionnelle de la frontière vient s’ajouter la biopolitique, qui va permettre de redéfinir l’appartenance à la société emmurée, et ce faisant les critères d’exclusion.

THÉMATIQUES

Thème 1. Barrières frontalières, murs et identités

Construction des identités nationales et locales
Aspects théoriques, limologie et épistémologie des murs frontaliers
Approches anthropologiques des barrières et murs frontaliers
Sociologie des murs et des zones transfrontalières

Thème 2. Impacts des murs frontaliers

Impacts sociaux
Impacts environnementaux
Impacts économiques
Stratégies de contournement
Marchés, firmes de sécurité et technologies
Art, frontières et murs

Thème 3. Aspects légaux

Séparation et légitimiation
Échecs et succès des murs
Droit international, droit national
Droits de la personne

Thème 4. Biopolitique des murs frontaliers

Discours sécuritaires, questions géopolitiques et biopolitiques
9/11 – discours sécuritaires, marginalités et barrières frontalières
Spatialisation de l’insécurité et barrières frontalières

DATE LIMITE

Date limite de soumission des propositions de communication : 20 avril 2013
(chaque proposition sera considérée pour les panels et/ou posters)

INFORMATIONS PRATIQUES

Veuillez inclure les informations suivantes (300 mots max.) :

Noms des auteurs
Titres et affiliations institutionnelles
Contact : téléphone, fax, email, adresse postale
Titre de la communication
Résumé : Sujet, cadre empirique et théorique, thème

Veuillez faire parvenir votre proposition en format word à Élisabeth Vallet à l’UQAM, par courriel à l’adresse suivante : bordersandWalls@gmail.com
Langues

Les propositions peuvent être faites en français ou en anglais.

CALENDRIER

  • 20 avril 2013 : date limite pour soumettre une proposition de communication
  • Juin 2013 : sélection des propositions et notification aux personnes concernées
  • 24 août : soumission des papiers aux organisateurs du colloque
  • 17 et 18 octobre 2013 : colloque, Université du Québec à Montréal
Produit par
Publications: Chaire Raoul-Dandurand en études stratégiques et diplomatiques
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