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Conférence midi du CIRDIS

Culture et résilience sur fond de contraception en période de conflit armé

Mardi 28 novembre 2017, de 12h30 à 14h, local A-1715, Pavillon Hubert-Aquin (UQAM)

Par Anne-Marie N’gnanda Kouadio , Centre interdisciplinaire de recherche en développement international et société (CIRDIS)

Photo : Hopital général de Danané, Côte d’Ivoire. (Anne-Marie N’gnanda Kouadio)

Conférence d’Anne-Marie N’gnanda Kouadio, enseignante-chercheure à l’Université Felix Houphouët Boigny de Cocody, en Côte d’Ivoire.

Date : Mardi 28 novembre, de 12h30 à 14h00
Lieu : A-1715, 405 rue Sainte-Catherine Est

En 2002, la crise à Danané a été violente, marquée par des pertes en vies humaines et la destruction des biens à usage public. En absence de soins modernes, quelques femmes élites, leaders et motivées se sont organisées pour assurer la santé maternelle et infantile des populations sinistrées. Cette capacité de résilience collective s’est structurée autour du capital culturel. La présente étude vise à identifier les réponses endogènes et locales, à analyser et comprendre les sources et les facteurs stimulant la résilience contraceptive. Aussi, elle fait une lecture du lien entre la résilience et la planification familiale tel que perçu par les populations.

Le guide d’entretien semi-structuré adapté aux recherches qualitatives a été mobilisé pour réaliser 37 entretiens individuels approfondis auprès des cibles, en tenant compte des principes de saturation et de triangulation. Ces entretiens ont permis d’identifier les réponses endogènes de planification familiale et de comprendre les mécanismes mobilisés pour construire une résilience contraceptive en période de conflit armé.

La résilience contraceptive en période de crise s’est appuyée sur des pratiques naturelles, des décoctions thérapeutiques et pouvoirs surnaturels. Ces pratiques le plus souvent tenues secrètes par les dépositaires ont été mises à la disposition des femmes. La culture a servi de base et stimulé la résilience contraceptive pour l’espacement des naissances chez les Yacouba afin d’assurer la santé des mères et des enfants en vue d’une capacité de résilience plus forte. La population a fait un retour en arrière en puisant dans le capital culturel existant des compétences, des valeurs sociales susceptibles de les aider à développer une résilience contraceptive collective.

Note biographique

Anne-Marie N’gnanda Kouadio est sociologue en santé et a plus de dix ans d’expérience dans le domaine de la recherche sociologique. Elle a travaillé comme chercheure/Consultante au sein de plusieurs structures, parmis lesqeuelles la Banque Mondiale-UCP Côte d’Ivoire (Avril-Mai 2017), Interpeace Côte d’Ivoire (Septembre 2015/Janvier 2016), le Fond des Nations Unies pour la Population(UNFPA) & IDE-Afrique, Côte d’Ivoire (2011 /2012/2013/2015) ou plus tôt, le Centre International pour le développement du droit (CIDD) & Éducation et Développement (EDE), Côte d’Ivoire (2009), ou encore le Centre Africain de Recherche et d’Intervention en Développement (CARID), Côte d’Ivoire (2006-2008) et l’Institut de recherche et de Développement (IRD), Côte d’Ivoire (1998-2002 ; 2004-2006).

Depuis 2016, elle est enseignante et chercheure à l’Université Felix Houphouët Boigny de Cocody, en Côte d’Ivoire. Dans le cadre de ses activités académiques récentes, elle travaille sur les questions de santé de la reproduction et la résilience en période de conflit armé, objet de la présentation de ce 28 novembre.