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Le projet Atlantica ou les effets de l’ALENA sur les provinces de l’Est du Canada

No. 08-01. Février 2008


Résumé
Depuis les années 1990, le Canada central, c’est-à-dire le Québec et l’Ontario, n’est plus le premier partenaire commercial des provinces de l’Atlantique, ce sont les États-Unis qui occupent désormais ce rang.
Selon les statistiques colligées par l’Agence de Promotion Économique du Canada Atlantique (APECA), en 1999, les exportations vers le voisin américain étaient de l’ordre de 14,2 milliards de dollars, devançant ainsi les biens et services expédiés sur le marché canadien qui, pour leur part, se chiffraient à 13 milliards de dollars. En 2006, selon Statistiques Canada, les exportations du Canada atlantique vers les EUA s’élevaient à 16,6MM$, tandis que les exportations sur le marché canadien demeuraient au même niveau. En d’autres mots, alors que le commerce international et le commerce interprovincial étaient à parité en 1989, le premier dépasse le second de 40%, en 2005. Ces chiffres illustrent l’ampleur du glissement de l’activité économique du Canada Atlantique en direction du Sud.
Le dossier intitulé « Le projet Atlantica ou les effets de l’ALENA sur les provinces de l’Est du Canada » montre à quel point la libéralisation des échanges instaurée dans la foulée de l’entrée en vigueur des accords de libre-échange de 1989 et de 1994 a eu pour effet de consolider les échanges dans un axe Nord-Sud, au détriment des échanges à l’intérieur de l’espace économique canadien. Mais le dossier met surtout en lumière les conséquences d’un tel réalignement pour des entreprises publiques, comme les compagnies hydro-électriques, de même que pour les gouvernements.
Cette analyse illustre on ne peut mieux l’irréalisme dont avait fait preuve la Commission royale sur l’Union économique et les perspectives de développement du Canada (la Commission Macdonald) qui, dans son rapport publié à l’automne 1985, pour faire face à ce qu’elle avait identifié comme étant la menace d’une « balkanisation » du pays, avait recommandé au gouvernement fédéral d’entamer des négociations de libre-échange avec les États-Unis. Or, vingt-trois années plus tard, force est de constater que, non seulement l’union économique canadienne est encore plus « balkanisée » qu’elle l’était alors, mais surtout que, emporté par les forces de la déréglementation issues des États-Unis, le système politique est soumis à des tensions telles, sur les plans législatifs et réglementaires, que l’on assiste à l’émergence de tensions majeures au sein même du système politique au Canada. C’est ce que montre avec la dernière éloquence le projet Atlantica lui-même.

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