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La transnationalisation des mouvements sociaux dans les Amériques et son impact sur la redéfinition du politique : vers une typologie
Violaine Bonnassies

1er avril 2005

INTRODUCTION

Depuis le début de la décennie 1990, les mouvements sociaux ont considérablement multiplié leurs pratiques transnationales. Ce phénomène s’est traduit par la constitution de liens au-delà des frontières nationales, au sein d’un même mouvement ou entre des mouvements distincts. Ce n’est pas une réalité nouvelle que la transnationalisation. Néanmoins, celle-ci a pris une ampleur toute particulière dans un contexte de globalisation et d’internationalisation d’enjeux telles que la dégradation de l’environnement, l’inégalité des sexes, la question alimentaire ou encore la carence juridique en matière de droit des autochtones. Dans les Amériques, ce processus de globalisation se concrétise dans les grands projets de régionalisation qui participent d’une certaine convergence des problèmes dans un système libéral monolithique : désaffection de l’État du secteur public et de la question sociale, vague de privatisations, montée des acteurs et capitaux étrangers. La plupart des pays expérimentent les mêmes impacts de ces politiques. D’où des points communs dans le vécu des gens. Les contextes nationaux n’en conservent pas moins leur spécificité. Les pratiques transnationales viennent ainsi se superposer à l’expérience nationale.
Se pencher sur le phénomène de la transnationalisation des mouvements sociaux dans les Amériques implique d’emblée des difficultés tant empiriques que théoriques.

Au niveau empirique, c’est s’attaquer à la complexité de la réalité actuelle du foisonnement des initiatives en la matière. En effet, c’est à l’intérieur d’une véritable nébuleuse qu’il faut évoluer et les cadres théoriques disponibles sont incapables de saisir pleinement ce phénomène si dispersé et diffus dans ses applications. De plus, les interactions, quand elles se développent de façon informelle en dehors d’un regroupement bien établi, sont souvent plus difficilement décelables. Mais c’est surtout au niveau du fonctionnement interne des organisations transnationales que les informations sont les plus difficiles à obtenir pour l’observateur externe.

Face à une réalité qui évolue très vite, il est certain que les cadres théoriques se trouvent rapidement périmés1 et la complexité que revêtent les mouvements sociaux entraîne nécessairement des analyses partielles et sélectives. Donc, cette présente étude ne vise en aucun cas l’exhaustivité mais bien plus la mise en évidence de certains traits distinctifs du phénomène de transnationalisation des mouvements sociaux, ainsi que l’identification des défis portés par de telles pratiques. Même si les théories sur les mouvements sociaux sont partielles, chacune apporte néanmoins un éclairage particulier au phénomène : quand la théorie de la mobilisation des ressources cherche à répondre au « comment » des organisations, en mettant en évidence leurs stratégies et leur gestion des ressources, le courant des nouveaux mouvements sociaux fait davantage ressortir le « pourquoi » de leur existence, par son attention portée aux notions de conflit et d’identité2. Le concept de mouvement social ne va pas de soi et aujourd’hui, un théoricien comme Touraine questionne même sa légitimité : « Do social movements still exist ? »3. Faute de terme plus adéquat, nous retiendrons quand même la notion de mouvement social sur la base de la définition-synthèse de Diani mais dans une perspective de changement social : « networks of informal interactions between a plurality of individuals groups and/or organizations, engaged in political or cultural conflicts on the basis of shared collective identities. »4 Il nous semble important de compléter cette définition par la perspective plus tourainienne d’action orientée vers la transformation des valeurs et des rapports de domination. Cela permet de prendre en compte l’importance du discours et de la construction d’identités spécifiques. Le type de mouvements retenus sont les mouvements de travailleurs, les groupes environnementaux, les femmes, les autochtones, les mouvements de paysans et de droits humains. De plus, la notion de transnationalisation n’est pas superflue : elle se distingue du terme « internationalisation » en ce sens qu’elle se réfère davantage à des pratiques qui prennent racine à partir des groupes de base, qu’à un phénomène de diffusion par le haut.

Notre hypothèse de départ est la suivante : si la transnationalisation des mouvements sociaux résulte du processus de globalisation, elle contribue en retour à défier l´ordre mondial et son expansion. Dans quelle mesure les pratiques transnationales affectent-elles, alors, la sphère politique institutionnelle et le système traditionnel de représentation du politique ? Des notions telles que la représentativité, l’espace public ou la citoyenneté se voient transformées et redéfinies par une réalité et des pratiques nouvelles. Et quels sont les défis que les mouvements sociaux eux-mêmes ont à relever face à leur transnationalisation ? Ce double questionnement doit servir à développer une analyse critique des pratiques transnationales des mouvements sociaux en lien avec la sphère politique. Tout d’abord, afin d’identifier la nature des regroupements transnationaux, deux perspectives seront prises en compte : une typologie pour tenter de différencier les différents types d’organisations, et une généalogie du phénomène pour mettre en évidence leur contexte d’émergence. Puis, nous analyserons la manière dont se manifestent ces pratiques transnationales, à travers les modes d’action des organisations, leur discours et leurs revendications. Enfin, il faut tenter de comprendre en quoi la transnationalisation des mouvements sociaux représente un défi à la fois pour le système politique et pour l’existence même de ces derniers.

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