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Institut d’études internationales de Montréal (IEIM)

Réaction du directeur de l’IEIM suite à la libération des deux otages canadiens

Plusieurs entrevues ont aussi été accordées dans les médias par les fellows de l’IEIM

C’est avec un immense soulagement que nous avons appris la libération de Michael Kovrig et Michael Spavor après 1000 jours d’incarcération.

Mais cette libération synchronisée des otages canadiens au même moment où survient l’entente de libération de Meng Wanzhou, la directrice financière de Huawei, nous confirme trois hypothèses :

  • Il ne fait maintenant plus aucun doute que l’emprisonnement des Canadiens a été orchestré en représailles à l’arrestation de la dirigeante de Huawei ;
  • Non seulement leur arrestation était arbitraire, mais les procédures judiciaires théâtrales que la Chine a mises de l’avant tout au long de leur incarcération sont complètement factices. Pour pousser l’injure, la Chine nous informe aujourd’hui que leur libération a été motivée pour des raisons de santé ; [1]
  • Malgré les indéniables sévices subis par les deux otages canadiens, l’état de droit aura eu raison. En fait, cette sortie de crise fait du bien en cette ère où la démocratie libérale bat de l’aile.

Mais comme c’est toujours le cas dans ce genre de scénario, la « vraie » histoire ne restera connue que par quelques personnes clés qui auront agi dans l’ombre afin que les ressortissants canadiens puissent enfin arriver sur le tarmac. À ce compte, chapeau bas à la diplomatie canadienne.

Il faut également garder en tête que cette sortie de crise n’aurait jamais été possible sans l’intervention des États-Unis. Le Canada n’ayant ni le poids économique, ni l’influence diplomatique pour faire quelconque pression devant le géant chinois. On peut donc remercier notre voisin du Sud qui aura joué à Androclès, en retirant une épine qui commençait à infecter tout notre écosystème diplomatique.

Que devons-nous retenir de toute cette histoire ? Très certainement qu’il nous faut réfléchir de manière beaucoup plus structurante sur notre relation stratégique avec la Chine, tant au niveau bilatéral qu’avec nos alliés. Et à quoi ressemblera cette nouvelle époque des relations avec le géant chinois ? S’il faut continuellement se méfier d’une dictature aussi puissante que la Chine, force est de constater que les prochaines négociations commerciales seront certainement plus fluides.

Bienvenue à la maison messieurs Michael Kovrig et Michael Spavor !


Lire aussi :
Les deux Michael libérés : « Bon retour chez vous », La Presse, 26 septembre 2021

ainsi que les nombreuses entrevues accordées par deux fellows de l’IEIM :