Où est la fracture politique ?

Charles-Philippe DavidFrédérick GagnonÉlisabeth Vallet

Le Devoir

Idées, jeudi 4 novembre 2004, p. A7

Tout semblait devoir se jouer dans un mouchoir de poche, et tous les ingrédients y étaient : l’Ohio était un État susceptible de « faire » l’élection, 72 % des électeurs ont encore utilisé les fameux bulletins à perforer à l’origine de l’imbroglio floridien et même l’OSCE avait souligné les risques que posaient les bulletins provisoires. Le maelström juridique que l’on prédisait n’aura pas eu lieu. Si le système électoral et l’image de la démocratie américaine en sortent moins altérés qu’il y a quatre ans, le Parti démocrate, quant à lui, accuse le coup. Certains avaient parlé de fracture politique, mais elle ne s’est pas traduite dans le résultat aux urnes. D’autres prédisaient un taux de participation record favorable à Kerry, mais Bush sort de ce scrutin légitimé et sans doute renforcé. D’aucuns prédisaient l’hallali du système électoral américain. Il semblerait pourtant qu’il ait une fois encore prouvé qu’il résiste à l’épreuve du temps. Il y a pourtant des enseignements à tirer de ces élections du 2 novembre, et ils sont de taille.

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